L'Exotic park

Le 28 septembre, juste en face du lac des Carolins, l’Exotic park a ouvert ses portes. Votre mag' a eu l’occasion de visiter en avant première ce lieu enchanteur, bien loin de l’image parfois négative que l’on peut se faire des zoos. Rencontre avec une famille de passionnés, à la découverte d’une faune insoupçonnée !

L’Exotic park c’est le rêve de gosse de Guillaume Darzac, jeune béarnais et soigneur animalier. Depuis tout petit, il a toujours souhaité ouvrir son propre zoo dans notre belle région. Amoureux des animaux mais surtout passionné par les insectes, qui sont souvent mal aimés car méconnus, il voudrait avec ce parc, pouvoir partager sa passion et éduquer le grand public.


Avec sa compagne qui est co-directrice et son frère, ils montent ensemble ce parc animalier de deux hectares qui réunit une soixantaine d’espèces, environ 200 vertébrés, oiseaux, mammifères et reptiles mais aussi une fourmilière d’environ 300 000 individus !


UN ZOO RESPECTUEUX

Guillaume a conscience qu’avant les zoos n’avaient pas vraiment la côte mais il a à coeur d’offrir à tous les animaux l’espace et les soins nécessaires.


«Il est vrai que dans les années 60, on n’avait pas conscience de ce que l’on faisait. Les animaux n’étaient que des objets et il y avait peu de considération. Mais les choses ont bien changé, les zoos ont vraiment évolué et les visiteurs s’en rendent compte.


Ici, nous faisons un vrai travail avec nos animaux. Je n’ai aucune envie d’être gardien de prison. Quand on ouvre les portes, nos animaux n’essaient pas à tout prix de s’échapper. Si on leur donne ce qu’ils ont besoin, ils n’iront pas chercher ailleurs. C’est leur territoire. On a des flamants roses qui ont plus de cinquante ans, alors qu’ils vivent une trentaine d’années dans leur milieu naturel. Nous prenons soin d’eux. Et puis nous voulions que les animaux aient de la place, qu’ils puissent se reproduire… Nous travaillons avec beaucoup d’espèces en voie de disparition. Et quand je vois tous les animaux sauvages qui viennent, je pense que nous avons su créer un lieu paisible pour nos résidents.» nous explique Guillaume.


Une chose est certaine, l’Exotic Park nous plonge dans un espace naturel qui diffère totalement des zoos. Tout l’espace détente et restauration est paraît de bois naturel. Même les enclos sont faits en bois, avec de la corde... et l’on se sent très vite dépaysé ! Les émeus et lamas gambadent dans un espace de 3000 mètres carré, permettant à chacun de courir librement. Tous les animaux qui se trouvent dans le parc sont nés en captivité et ont été donnés par d’autres zoos. Il n’est pas question de les acheter.

Bien sûr, un programme de reproduction est mis en place pour toutes les espèces qui sont en voie de disparition, mais il est bien souvent impossible de les réintroduire dans leur milieu naturel. Guillaume nous explique que si ces espèces sont menacées, c’est justement parce que leur habitat l’est lui même… Soit ravagé par les flammes comme l’Amazonie par exemple, soit infesté de braconnier.


La priorité est de sécuriser ces espaces afin que la faune puisse y reprendre ses droits. Mais le chemin est long, d’où la nécessité de lieux qui leur permettent de se developper en toute sécurité. Pour les espèces les moins menacées, la reproduction est très surveillée. Il ne s’agit pas de faire naître des animaux à outrance et de prendre le risque de se retrouver en surpopulation avec l’incapacité d’apporter des soins à chacun.


Dans le prix de l’entrée, (10€50 adulte, 8€50 enfant) Guillaume a souhaité reverser un euro à l’association La Passerelle Conservation. Ce fond de dotation a été créé par le capitaine de la Section Paloise, Julien Pierre et le Parc Animalier d’Auvergne, et soutient trois programmes : un programme de protection des tortues au Sénégal, un pour le lophophore au Népal et enfin un dernier qui rachète des parcelles de fôrets au Belize (un territoire d’Amérique centrale, situé au Sud du Mexique et à l’Est du Guatemala) afin qu’elles restent sauvages et d’en préserver ainsi la vie animale.

Guillaume a aussi à coeur d’éduquer ses visiteurs sur tous les résidents du parc. « L’idée c’est que les gens arrivent avec leurs aprioris puis qu’ils repartent sans ! Par exemple, combien de gens ont peur des vipères et les tuent pour ne pas se faire mordre ? Il faut savoir faire la différence entre venimeux et mortel. Tous les venins ne tuent pas les humains et sont en fait, à usage des vraies proies. Huit fois sur dix, une vipère va mordre sans même injecter son venin. Si on ne l’approche pas, il n’y a aucun risque.


Nous avons tous des croyances qui ne correspondent pas à la réalité. Vous saviez que les mygales sont en fait des êtres très doux ? Elles n’attaquent pas vraiment les humains. Il leur faut plus de trois semaines pour produire leur venin, elles ne vont pas le gaspiller contre un prédateur et rester le ventre vide.


Je n’ai aucune intention de me positionner comme moralisateur ou donneur de leçons mais j’ai simplement envie que chacun apprenne à mieux connaître ces espèces qui sont mal aimées car méconnues.


ATELIERS PÉDAGOGIQUES

Dans ce but, le zoo va proposer des ateliers pédagogiques, aux enfants et adultes afin de mieux connaître ces espèces, de comprendre pourquoi certaines sont menacées, et qu’est-ce que chacun d’entre nous peut faire pour y remédier.


Chaque mercredi après-midi pour les enfants et chaque dimanche matin pour les adultes, le zoo propose également des ateliers soigneurs afin d’en faire découvrir à chacun le métier. Au programme soin et nourrissage des animaux, pour le plus grand plaisir de tous !

Guillaume espère également pouvoir aider les gens qui souffrent de phobie. « Beaucoup de personnes ont peur des serpents sans vraiment les connaître. En fait, s’ils sont habitués à l’homme, notre présence ne les dérange absolument pas, nous ne sommes pas une menace pour eux. Une fois que l’on apprend à mieux les connaître, on se rend compte qu’ils ne sont pas dangereux.»


Le zoo accueille aussi des tortues africaines géantes. Pour l’instant ces dernières ne font qu’une vingtaine de kilos mais elles pourront atteindre les 100 kg et vivre une centaine d’années ! Ces dernières n’hibernent pas et prennent donc place dans l’immense vivarium et où il fait 30° toute l’année.


À l’intérieur de ce dernier se trouve également un éclosoir à papillons dans lequel des cocons vont éclore. Il permet à chaque visiteur d’observer les première heures de vie de ces magnifiques créatures ailées. Une fois le papillon prêt, il rejoint une des volières du vivarium.


La petite anecdote :

Guillaume qui a été soigneur dans de nombreux parcs s’est notamment occupé de Maïtika, la célèbre mygale du film "Un indien dans la ville". Elle a d’ailleurs vécu près de 25 ans.


À travers leur passion, Guillaume et sa famille nous promettent déjà des moments enchanteurs auprès de tous ces animaux que nous connaissons encore mal. Nous avons été reçu avec un enthousiasme débordant, et une chose est certaine, tout l’équipe du mag' est déjà convaincue !

À découvrir de toute urgence !


Fiesta Mag # 24

Par Emma Arrieudarré

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