Jérémy Chardy

Pour le retour du Mag', nous nous devions d'interviewer un talent palois avec un parcours exceptionnel, et qui fait la fierté de notre belle agglo paloise. Plus qu'un grand champion, Jérémy Chardy est avant tout un homme au grand cœur. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec lui avant son départ pour Belgrade, et quelques jours avant Roland Garros.


Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour Fiesta Mag ! Je suis Jérémy Chardy, joueur de tennis, directeur du tournoi Teréga Open Pau-Pyrénées et un amoureux de notre région. Bien que je voyage énormément, c'est quand même dans le Sud-Ouest que je me sens à la maison. J'ai encore toute ma famille et mes amis à Pau, donc dès que je le peux je reviens pour me ressourcer. Je suis également amoureux de mon sport, le tennis. C'est pour cela que nous avons monté le projet du tournoi, pour essayer de donner aux jeunes et aux amoureux du sport l'occasion de voir du tennis de haut niveau dans la région.


Parlez-nous de vos débuts ?

J'ai commencé à taper mes premières balles avec mes parents, comme la plupart des enfants, à l’époque c'était souvent contre le mur. Je jouais beaucoup au foot aussi, et progressivement je me suis mis à jouer de plus en plus au tennis. Jusqu'à l'âge de 14 ans, où j'ai décidé de jouer exclusivement au tennis, je me suis mis vraiment à fond en m'entraînant tous les jours. Lors de ma troisième, j'ai commencé les cours par correspondance pour pouvoir consacrer plus de temps au tennis.


Quelle a été votre source d'inspiration, lors de votre enfance ?

Déjà quand j’étais tout petit j'étais un grand fan de sport, donc j'ai toujours rêvé d’être sportif professionnel. Le joueur que je préférais c'était Pete Sampras, c’était mon idole, à l’époque c’était pour moi le meilleur joueur de tous les temps. J'ai eu la chance de le rencontrer, j'avais plein de questions à lui poser mais une fois devant lui, j’étais tellement impressionné que je n'ai quasiment pas parlé avec lui...


Aujourd'hui, quels sont les tennismen qui vous inspirent ?

Même s’il joue encore, je pense que Roger Federer est le meilleur joueur. C'est quelqu'un qui a un énorme talent et qui est capable de tout faire dans le tennis. Je suis toujours impressionné de la façon dont il joue, et j'ai la chance de bien le connaître, c'est une super personne. L'ensemble du sportif et de l'humain, fait que c'est la personne que j'admire le plus aujourd'hui sur le Court.


Comment s'est déroulée votre arrivée dans le monde du tennis professionnel ?

L'arrivée dans le monde professionnel, se fait étape par étape, ce n'est pas du jour au lendemain. En junior, j'ai gagné le tournoi de Wimbledon et j'ai fait la finale de l'US Open. C’était une belle première étape. C'est une chance de voir les pros s'entraîner, de jouer au même endroit qu'eux. C'est à ce moment-là que tu commences à rentrer dans le circuit. Après j'ai mis environ trois années pour arriver dans les 100 premiers mondiaux, ça s’est fait progressivement. C'est vrai que quand on est jeune, on est dans la fougue de la jeunesse... J'avais l'impression que tout était possible et avec l’euphorie, je ne réalisais pas trop ce qui m'arrivait. C'était mon rêve qui se réalisait.

Je pense que j'ai réellement commencé à réaliser, lorsque j'ai commencé à jouer à Roland Garros ou en Coupe Davis quand je jouais pour notre pays. Le soutien du public et ses encouragements, sont une source de bonheur, être un exemple pour les jeunes c’est extrêmement flatteur.


À quoi ressemble le quotidien d'un tennisman professionnel ?

Mes entraînements c'est un peu ma vie ! Aujourd'hui, pour continuer à bien jouer (même en vieillissant) il faut continuer à être rigoureux et être constamment dans l'effort. Il faut s'entraîner dur tous les jours, il n'y a pas beaucoup de temps pour les vacances. L'entraînement c'est ce qui me prend le plus de temps.


J'essaie de jongler au mieux pour avoir le meilleur équilibre afin de m'occuper de mon petit garçon, profiter de ma famille et retourner voir mes proches à Pau. C'est une question d'organisation, mon entraînement et mon programme pour le tennis restent mes priorités.


Quel est le meilleur match de votre carrière ?

Le moment qui m’a le plus marqué, c’était en 2008 quand je commençais à Roland-Garros, à la fin du tournoi

j'étais rentré dans les 100 premiers mondiaux pour la première fois. C'était un grand moment, le public chantait la Marseillaise après chaque point : c’était la folie !


Quelque chose d'unique, un rêve qui se réalisait vraiment. Il y a également ma première fois en coupe Davis, représenter son pays c’est quelque chose d’extraordinaire. Quand tu arrives sur le Court, et que tu chantes la Marseillaise il y a beaucoup d’émotion et surtout de fierté.



Dîtes-nous en plus sur le tournoi de tennis, dont vous êtes le Directeur : Teréga Open Pau-Pyrénées

Avec le contexte actuel, on a pris la décision de décaler la prochaine édition, car pour moi s’il n’y a pas de public et si on ne peut pas proposer des activités pour les enfants, il n’y a aucun sens dans le fait d’organiser un tournoi de tennis. Des tournois j’en fais quasiment toutes les semaines mais à Pau c’est différent, ce tournoi c’est un choix sentimental pour ma région. Mon objectif serait que de plus en plus de jeunes s’intéressent au tennis, et avoir des futurs champions dans notre région. Chaque année j'essaie de faire participer des joueurs forts et bien classés, afin d’avoir un tableau de sportifs à haut niveau et permettre au public de voir des grands matchs.


Quels sont vos projets pour l'avenir ?

Pour l’instant je n’ai pas trop envie d’y penser, j’adore mon métier et j’ai encore envie de me faire plaisir pendant quelques années. Mon objectif est de très bien finir ma carrière, et de développer au mieux le tournoi à Pau. J’espère que les gens vont le découvrir, et qu’ils auront envie de venir et revenir chaque année.


Nous sommes ravies d’avoir eu la chance d’échanger avec Jérémy, un sportif plein d'enthousiasme dont la carrière est fulgurante.


Retrouvez la 3ème édition

du tournoi Teréga Open

Pau-Pyrénées :


Du 15 au 21 novembre 2021

au Palais des Sports


Fiesta Mag # 34