Epicé M

Il fait frais mais grand soleil lorsque nous nous approchons du stand «Epicé M», ce mardi matin sur le marché de Nay.

Nous sommes accueillis par un jeune homme charmant, au regard chaleureux, Jolan. À seulement 25 ans, il a aujourd’hui repris l’entreprise fondée par sa mère peu après sa naissance.

Bonjour Jolan ! Parle nous un peu de ton entreprise. Je crois savoir que c’est une affaire familiale.

Bonjour Fiesta Mag !

En effet ! Ma mère qui a toujours aimé les voyages - elle a d’ailleurs fait le tour du monde dans sa jeunesse - est très éprise de cuisine du monde. Elle a décidé de créer son entreprise lorsque mon frère et moi sommes nés. À l’époque nos parents travaillaient dans le milieu du spectacle sur Paris, mais les choses étaient loin d’être simples et avec la famille qui s’agrandissait, ils ont préféré se stabiliser avec la vente des épices. Après sept ans en banlieue parisienne, ils ont décidé de faire le tour de France des marchés à bord de leur caravane. Ma mère a d’abord donné le nom d’épicé A à sa petite entreprise, en hommage à l’arbre. Elle vendait ses épices dans tout le pays pendant que notre père chantait et jouait de divers instruments. Dans les années 2000 nous sommes arrivés dans le Sud Ouest et nos parents ont décidé de s’y installer.


La petite anecdote : Le père de Jolan jouait d’un instrument appeler Nay (ou Ney) comme la commune (Nay). Un signe du destin pour la petite famille.


Quelle a été ta formation ? Qu’est-ce qui t’a permis de reprendre cette entreprise ?

Dès notre plus jeune age, mon frère et moi étions derrière le stand, aidant notre mère sur les marchés. Finalement nous avons appris à ses cotés, à la meilleure des écoles. En grandissant j’ai décidé de faire un DUT technique de commercialisation. Grâce à ces études, j’ai beaucoup appris sur le fonctionnement et l’application du commerce, ce qui est un excellent complément à l’expérience que j’avais déjà, via l’entreprise familiale.

Lorsque ma mère a décidé de repartir en vadrouille sur les routes du monde, c’est d’abord mon frère, Nouri, qui a repris l’entreprise. Puis en juillet 2018, lorsque ce dernier a lui aussi aspiré à découvrir le monde, ce fut à mon tour de faire perdurer épicé M.


Ton travail a l’air passionnant !

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce que tu fais au quotidien ?

Il y a une très grosse partie cachée dans mon boulot, un peu comme avec un iceberg. Il y a, en effet, beaucoup de travail en amont dont les gens n’ont pas nécessairement conscience. Il ne s’agit pas seulement de se lever pour aller vendre ses épices au marché. Il faut par exemple tenir sa comptabilité régulièrement, préparer le stand, contrôler la qualité des produits…


Le plus important pour moi, c’est d’amener une qualité au client. De sélectionner des fournisseurs avec les plus beaux produits possibles, tout en restant à la portée des consommateurs.

Il faut également préparer tous les mini sachets de thé ou d’épices… mais aussi les sachets recettes que je crée désormais moi même ! Cela prend beaucoup de temps mais, ça en vaut la peine (ce que nous pouvons d’ailleurs vous confirmer après un très fructueux test culinaire !).

Ce n’est pas toujours facile de reprendre l’entreprise familiale. Bien que je la connaisse sur le bout des doigts, je souhaiterais aujourd’hui faire les choses à ma manière.

Avec l’hiver qui pointe le bout de son nez, les journées sur les marchés vont devenir sans aucun doute, plus difficiles. Bien que l’été ne soit pas toujours une saison facile non plus. Mais il ne faut pas croire que le tableau est tout noir, au contraire ! C’est un métier qui n’est pas facile, en revanche, il y a énormément de bons côtés.


Il y a une chose que j’aime énormément, c’est réaliser tous les mélanges que je propose sur le stand, une quinzaine environ…. Comme l’excellent thé indien qui est une composition familiale ; ou encore les sachets pour rhum arrangé et les nombreuses compositions de Noël, qui sont déjà en cours de préparation ! Cet aspect du métier me permet de tester et découvrir sans cesse de nouvelles saveurs. Quand on aime la cuisine, c’est un vrai régal !

C’est incroyable toutes ces épices venues des quatre coins du monde !

Il y a des épices partout ! Nous en trouvons dans toutes les régions du monde, même en France.


Qu’espères tu transmettre à travers ton métier ?

J’espère instruire les gens sur l’art culinaire, leur faire découvrir des recettes ou leur donner envie de sortir de leurs sentiers battus. J’essaye de transcender les habitudes alimentaires des gens avec les sachets que je prépare. Ils n’ont qu’à suivre la recette et ajouter un petit sachet d’épices.

Il est primordial d’éduquer son palet et de manger varié. Toutefois, en étant né derrière ce stand, j’ai moi même constaté beaucoup d’évolution. Le bon coté de la mondialisation, c’est que désormais les gens sont à la recherche de produits différents, c’est génial ! Beaucoup de mes clients, parfois âgés, cuisinent aujourd’hui avec le curry… C’est une victoire.


Pour terminer, dis nous en plus sur tes projets d’avenir.

J’avoue que j’aimerais beaucoup pouvoir voyager un peu plus, notamment en Amérique latine et au Japon ; afin de découvrir d’autres fournisseurs et de nouveaux produits. J’aspire également à developper un peu l’entreprise sur Pau même.


C’est donc une affaire à suivre…

Vous pouvez retrouver Jolan et son stand Epicé M tous les mardis et samedis au marché de Nay.

Également du 23 Novembre au 30 Décembre, place Clémenceau pour le traditionnel marché de Noël. L’occasion d’offrir un cadeau et de faire découvrir une nouvelle cuisine !


Par Emma Arrieudarré - Fiesta Mag' #15

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