Asso Liken

Aujourd'hui nous partons à la rencontre de Claire la présidente de l'association environnementale et socioculturelle Liken. L'objectif est d'agir pour la biodiversité et nous sensibiliser sur notre fournisseur d’oxygène : l'Arbre.


Nous vous emmenons avec nous redécouvrir notre belle nature et casser les codes urbains. Il est grand temps de ré-apprendre à la respecter d'avantage et différemment.

Bonjour Claire, peux-tu nous raconter l'histoire de cette belle association ?

Bonjour Fiesta Mag, cette association a été fondée en 2015 par un groupe d'amis qui voulaient s'engager dans l'environnement. Dans le noyau fondateur se trouvait un graphiste, qui avait comme idée de travailler l'expression graphique et le street art. Petit à petit, ça s'est ouvert sur d'autres choses notamment notre projet «Arboretoom» qui est un projet d’afforestation : cela signifie que nous réalisons de la végétalisation dans les espaces urbains.


Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ?

Notre projet se décompose en deux grandes branches, la partie fresque murale où nous travaillons en étroite collaboration avec de nombreuses communes, écoles... dans l'agglomération et au-delà. Et nous avons le second pôle qui est «Arboretoom» qui a pris le dessus et nous y consacrons la majeure partie de notre action. Nous proposons également des animations pour les scolaires et pour le grand public autour de l'arbre.


Parle-nous du projet concernant les fresques ?

Tout débute par le bouche à oreille et lorsque nos fresques sont visibles sur les réseaux sociaux ou en vrai. Les gens sont curieux et nous contactent pour nous demander de réaliser une fresque au sein de leur établissement.

Nous travaillons beaucoup avec les écoles, par exemple notre dernier projet s'est réalisé à Aire sur l'Adour à la cité scolaire Gaston Crampe. Ensuite, c'est comme un effet boule de neige... Par exemple, un membre du personnel du Lycée de Montardon (avec qui nous avions déjà travaillé pour des plantations) a vu une de nos fresques et a été sous le charme. De ce fait, il nous a demandé de réaliser une fresque au sein du Lycée.


Comment réalisez-vous un projet de fresque murale ?

Tous nos projets sont basés sur la participation citoyenne, c'est à dire que l'on réalise les fresques avec les personnes qui la commandent. Pour mieux vous expliquer le déroulé, tout débute grâce à Olivier qui est notre graphiste, il dessine le projet en fonction du niveau de peinture des participants mais également de la demande des personnes en charge du projet (couleur, type de dessin...). Tout en respectant notre cadre initial, qui est de peindre quelque chose en rapport avec l'environnement. Puis on se rend sur le lieu où va être réalisée la fresque et on peint toute la journée avec le groupe demandeur du projet. C'est un échange unique et un moment exceptionnel de partage.

Pour la reforestation en lieu urbain, comment avez vous débuté ?

Il y a une conscience écologique très forte dans notre groupe. Nous avons pensé à suivre l'idée des plantations «Miyawaki» de micro-fôrets, c'est un botaniste japonais qui a mis en place une pratique de plantation pour dépolluer les sols. Il a constaté que lorsque l'on plante de manière très dense cela engage un énorme travail au niveau racinaire des arbres qui vont remuer et casser la terre. Cela permet l'infiltration de l'eau et permet à la faune (champignons, bactéries, insectes...) de travailler en profondeur la terre ce qui va lui permettre de se nettoyer. Notre idée était de reproduire cette méthode dans un milieu urbain. Nous travaillons de plus en plus sur le sol vivant, c'est à dire que l'on se rend compte qu'en milieu agricole les terrains sont appauvris et tassés, l'eau ne passe plus et il n'y a plus d'infiltration ce qui fait que lorsqu'il y a des inondations l'eau reste en surface.

En ville, le gros problème, c'est la chaleur. Notre projet est de replanter des arbres pour permettre de retrouver de la fraîcheur et de l'ombre dans nos villes. Nous souhaitons également pouvoir gérer l’imperméabilisation des sols, lorsqu'il pleut énormément, l'eau reste en surface, ce qui crée des inondations. C'est là que nous venons casser le bitume pour permettre à l'eau de s'infiltrer dans le sol.


Et enfin la biodiversité, nous remettons des éléments pour permettre aux oiseaux, aux insectes et aux petits rongeurs d'avoir des lieux tranquilles, ce sont des corridors verts.


Nous sommes sous le charme de votre projet de forêt nourricière. Peux-tu nous en dire plus ?

Ce projet est basé sur le côté naturel et humain, nous souhaitons à travers ce projet remettre l'alimentation en ville accessible au public. Dans l'avenir et même maintenant, cela va permettre à des gens en situation alimentaire difficile de se servir directement sur les arbres (par exemple 1kg de pommes..) et d'augmenter la résilience alimentaire des villes, à cause, par exemple, de la guerre en Ukraine, des fortes chaleurs, comme en Inde qui a dû fermer ses exportations de blé....


On va devenir de plus en plus dépendant des aléas climatiques dans d'autres coins du monde. C'est donc important de renforcer notre résilience alimentaire au niveau local. L'idée est de planter des petits vergers, des fruitiers...nous l'avons fait à Gelos le long de la voie verte.


Tous ces projets sont essentiellement réalisables grâce à la participation du public, en plus cela apporte un certain bien être et un échange humain dont nous avons tous besoin. Cela nous permet de transmettre aux personnes, nos connaissances, nos valeurs et mettre un point d'honneur sur la raison qui nous mène à faire cela : la préservation de l'environnement.


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Facebook : Liken


Crédit photos : Claire Lageyre


Fiesta Mag #39